04.06.2020

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Le syndrôme de "la bonne élève" au travail

Illustration de l'article

“Personne ne s’aperçoit de mes efforts dans mon travail”
“Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas eu de bonus alors que j’ai atteint tous mes objectifs”
“Je préfère me faire remarquer par mon travail plutôt que de faire de la politique en entreprise”

Est-ce que vous vous reconnaissez ? Si oui, c’est sûrement que vous avez le syndrôme de la bonne élève. Explications et pistes pour déconstruire ce mécanisme au travail ci-dessous.
 

Qu’est-ce que le syndrôme de la bonne élève ? 

“Faire ce qu’on nous demande garantit le succès” pourrait être le motto de la bonne élève. En effet, si on se cantonne seulement au système scolaire, de la primaire aux études supérieures, la règle du jeu est de satisfaire le.la professeur.e en réalisant le mieux possible ce qui est demandé de faire. Et ensuite ? Justement, pas grand chose. On attend passivement le retour et la valorisation du travail accompli. En entreprise, le système n’est plus du tout le même : chaque salarié.e est focalisé.e sur sa propre trajectoire, et chaque trajectoire est différente, contrairement à l’école où la définition du succès est la même pour tous (les meilleures notes et le passage dans la classe supérieure). Identifier ce que l'on souhaite dans son métier et en parler autour de soi est donc clef dans l'avancement professionnel.

Le syndrome de la bonne élève touche en majorité les femmes, pour cause : c’est un produit de l’éducation des filles. Incitées à être plus gentilles, serviables, soigneuses et appliquées que les garçons, les filles sont finalement beaucoup mieux habilitées à réagir dans un système scolaire, mais moins dans un environnement d’entreprise, où “être performante ne suffit pas, il faut aussi que ça se sache”, précise Clara Moley dans son podcast Les Règles du Jeu, qui s’intéresse aux règles implicites en entreprise. 
 

Cousine du syndrôme de l’imposteur, elle a des vraies conséquences sur l’avancement professionnel des femmes : elle peut engendrer une frustration personnelle (“je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas mise en avant alors que je travaille tellement”) et une prise de retard dans l’avancement de sa carrière (coucou à Julien qui a eu le même bonus que moi alors que j’ai contribué à beaucoup plus de projets que lui).


Quelques pistes pour sortir de cette posture :
 

  1. Notre travail, c’est aussi parler de notre travail 

Objectif : devenir le community manager de sa propre vie professionnelle. On rend des comptes réguliers à ses supérieurs, on partage des informations à ses collègues, on va à la rencontre de personnes de l'entreprise dont le travail nous intéresse. 
 

  1. Notre travail, c’est aussi assumer notre travail 

On dit “je” plutôt que “nous” quand on a accompli le travail, et on reprend la parole lorsqu’un.e collègue prend la parole sur votre dossier ou avec votre client. Un simple “merci beaucoup, je reprend le lead car je pilote ce projet” suffit.  
 

  1. Notre travail, c’est aussi penser notre travail de demain 

On l’a dit au dessus, la définition du succès est personnelle. Alors prenez le temps de comprendre ce que vous aimez dans votre poste actuel, et où est-ce que vous vous voyez progresser : un poste supérieur, un poste transverse, plus ou moins de personnes à gérer, etc. Une fois que c’est fait, demandez. De quelle manière ? Ca peut être très structuré et très direct lors de vos points avec vos supérieurs, ou plutôt informel, en posant des questions à des salariés qui ont la progression que vous souhaitez. L’idée principale, c’est de sortir un peu de son travail de fond quotidien et aller s'intéresser. 

Pour aller plus loin
Go écouter le podcast de Clara Moley, Les Règles du Jeu, et go lire cet article de Laetitia Viaud sur WWTG, sur Pourquoi les femmes ne demandent pas en entreprise.